Pourquoi PHILIBEAR est devenu une partie de CALPET
Il y a des histoires qu’on ne pensait jamais raconter.
Pendant longtemps, on s’est demandé si on devait écrire cet article. Parce qu’il parle d’un incendie. Parce qu’il parle de notre chien. Parce qu’il parle d’une période où, honnêtement, on avait surtout envie d’oublier. Et puis on s’est rendu compte d’une chose. Si aujourd’hui PHILIBEAR fait partie de CALPET, ce n’est pas uniquement à cause de ce qu’il s’est passé le 4 juillet 2025. En réalité, son histoire avait commencé bien avant. Alors autant vous la raconter depuis le début
Tout est parti d’un vieux tissu
Chez CALPET, les collections naissent souvent d’un coup de cœur pour une fin de rouleau destinée à être jetée. Un jour, on est tombés sur un tissu rempli de petits nounours qui jouaient de la trompette. On s’est regardés en rigolant.
Franchement, qui allait acheter un caleçon avec des nounours dessus ?
On l’a quand même fabriqué. Et contre toute attente, il est devenu l’un de vos modèles préférés.
Le plus drôle, c’est que ce n’étaient pas forcément les personnes auxquelles on pensait qui craquaient dessus. On voyait repartir avec ce caleçon des skateurs, des riders, des mecs tatoués de partout… et ça nous faisait énormément rire.
À force de voir ces nounours partout, je me suis mise à les dessiner. Au début, c’était juste pour passer le temps. Début juin 2025, j’étais sur un événement où je m’ennuyais. J’avais une feuille, un crayon à papier et beaucoup trop de temps devant moi. Alors j’ai dessiné cet ours. En train de skater. De faire du snowboard, du surf, de manger des fraises. De faire absolument n’importe quoi.
Le soir, en retrouvant Alex, j’étais trop fière de lui montrer tous ces dessins. Je lui ai dit : « Imagine ça sur des t-shirts. »
Notre chien s’appelait Philibert. C’était un Golden Retriever qui ressemblait plus à un nounours qu’à un chien. Alors le jeu de mots est venu tout seul : PHILIBEAR. On adore les jeux de mots. À partir de ce moment-là, tout est allé très vite. On a commandé des stickers, commencé à imaginer une collection complète et dessiné PHILIBEAR dans toutes les situations possibles. On voulait en faire une vraie mascotte. Un personnage qui vive l’esprit CALPET.
Parce qu’au fond, on ne dessinait pas vraiment un ours. On dessinait notre quotidien
Le 4 juillet 2025
Ce matin-là, je suis partie travailler sur un événement à Biarritz. Alex devait aller surfer un peu plus tard. Comme des dizaines de fois auparavant, la batterie de notre vélo électrique était en train de charger. On n’y prêtait même plus attention. Avant de partir, Alex a hésité quelques secondes. Puis il s’est dit qu’il partait qu'une heure.
Quelques minutes après son départ, j’ai reçu un appel du gardien de notre résidence. Il y avait un incendie. Pendant toute la route jusqu’à Capbreton, je ne savais même pas si Alex était sorti de l’appartement. J’ai demandé à des copains de regarder si sa planche de surf était restée dans les parties communes. Quand ils m’ont répondu non, j’ai compris qu’il était probablement déjà à l’eau.
Il ne restait plus qu’une seule inquiétude. Philibert. En arrivant sur le parking, je n’arrivais pas à sortir de la voiture. J’étais tétanisée. Je tremblais. Mes amis étaient là pour m’accueillir, mais je n’avais qu’une envie : rester assise encore quelques secondes. Comme si le fait de ne pas ouvrir cette portière pouvait empêcher la réalité d’exister.
Alex est arrivé quelques instants après. Lui est allé directement vers l’appartement. Il avait besoin de voir. Les pompiers étaient déjà en train de remballer leur matériel. Quand on a soulevé le drap blanc, on a compris que c’était fini. Et presque aussitôt, il a fallu répondre aux questions des gendarmes, remplir des papiers, réfléchir à où dormir le soir même.
Alors que tout ce qu’on voulait, c’était voir notre chien encore en vie.
Notre quotidien, c’était lui
Philibert nous suivait absolument partout. Sur les marchés. À la plage. En randonnée. En montagne. Au travail. Au surf. Au skatepark. On passait des heures dehors avec lui. C’était notre compagnon de route, notre collègue, notre excuse pour aller prendre l’air. Il adorait être avec nous, peu importe ce qu’on faisait.
Il était d’une gentillesse incroyable. Un jour, il s’est approché d’un lapin, non pas pour le chasser, mais parce qu’il avait peur que le lapin lui vole sa balle. Et ça le résume assez bien. Il avait deux ans. Et il faisait partie de tout ce qu’était CALPET.
C’est pour ça que les dessins de PHILIBEAR le montraient toujours en train de vivre des aventures. Parce que c’était exactement ce qu’on faisait ensemble.

Une semaine plus tard, le colis
On attendait ce colis depuis des semaines. À l’intérieur, il y avait des centaines de stickers PHILIBEAR. Ceux qu’on avait commandés avant l’incendie. On les a ouverts. Et on a pleuré. Parce que quelques jours plus tôt, ils représentaient un nouveau projet. Et d’un seul coup, ils représentaient quelqu’un qui nous manquait déjà énormément.
Pendant presque un an, je n’ai pas réussi à reprendre ce projet. À chaque fois que j’ouvrais les dessins, je refermais le dossier. C’était trop tôt.
Ce que cette histoire nous a appris
Aujourd’hui, si on raconte tout ça, ce n’est pas pour faire peur. C’est parce qu’avant le 4 juillet 2025, nous pensions, comme beaucoup de monde, que laisser charger une batterie de vélo électrique était un geste anodin.
Après l’incendie, nous avons découvert qu’un rappel existait concernant ce produit. Les démarches qui ont suivi ont été longues et très difficiles, et nous n’avons jamais obtenu de réponse satisfaisante concernant l’ensemble des préjudices subis.
Cette histoire nous a appris une chose très simple : prenez quelques minutes pour vérifier si vos appareils font l’objet d’un rappel, utilisez toujours le chargeur prévu par le fabricant et renseignez-vous sur les produits que vous achetez.
On espère sincèrement que personne n’aura un jour à vivre ce que nous avons vécu
Pourquoi PHILIBEAR existe aujourd’hui
Avec le temps, on a adopté Alphonse. Petit à petit, la vie a repris. Et un jour, je me suis dit quelque chose d’assez simple. PHILIBEAR n’était pas né après l’incendie. Il était déjà là. Il faisait déjà partie de CALPET. Alors pourquoi le laisser dans un dossier sur un ordinateur ?
Aujourd’hui, j’ai envie qu’il continue à faire ce qu’il faisait depuis le début : vivre dehors, skater, faire du snowboard, du surf, des randonnées et toutes les bêtises qu’on lui dessinera encore pendant longtemps. J’aimerais que, dans quelques années, PHILIBEAR soit devenu un vrai personnage de CALPET. Qu’il accompagne nos collections, qu’il vous fasse sourire et qu’il raconte, à sa façon, notre histoire.
Et si CALPET est toujours là aujourd’hui, c’est aussi grâce à vous. Après l’incendie, on a reçu des centaines de messages. Vous nous avez envoyé des vêtements, passé des commandes sans vous soucier des délais, partagé nos publications, participé à une cagnotte qui nous a permis de racheter du matériel et de relancer la marque. Quand on n’avait plus l’énergie de créer, vous avez continué à faire vivre CALPET à notre place. On ne pourra jamais assez vous remercier pour ça.
PHILIBEAR est né avant le feu. Aujourd’hui, il continue simplement à raconter l’histoire de celui qui lui a donné son nom.
